1 L’ébauche fut faite au fusain, qui fut ensuite fixé pour éviter de trop assombrir la couche de peinture acrylique qui suivra. Pour assoir la solennité du personnage, j’ai choisi un fond rouge profond. A ce stade, il importe de déterminer la forme générale du visage : carré, rectangulaire, rond, ovale ? Celle du visage de Sean Connery me parait être un oeuf sur sa pointe (mais cette appréciation comporte une part de subjectivité). La longueur et la forme du nez vont aussi jouer un rôle déterminant dans la ressemblance, car nous avons là une structure osseuse qui ne varie que très peu avec les expressions (contrairement aux yeux et à la bouche).



2 Le dessin est précisé, tant dans le trait que dans la mise en place des grands pans d’ombre et de lumière. Il s’agit d’encore s’approcher de la ressemblance, mais sans aller trop loin dans les détails à ce stade. C’est pourquoi la forme du front et la proportion largeur-hauteur de la tête sont particulièrement étudiées. Mise en place grossière des vêtements, pour juger de l’harmonie chromatique globale.


3 J’ai préparé sur la palette divers tons de chair. Je travaille avec des acryliques Golden OPEN, qui ont l’avantage de sécher très lentement par rapport à des acryliques classiques, ce qui permet un travail dans le frais. J’utilise du blanc de Titane, du jaune de Naples, de l’ocre jaune, du vermillon, du cramoisi d’alizarine et de l’outremer. Le côté gauche du visage (donc le droit sur le dessin) est plus sombre; il est donc bâti autour du cramoisi d’alizarine et de l’outremer. Les parties moyennes nécessitent plutôt du vermillon et de l’ocre jaune, tandis que pour les plus claires le vermillon subsiste, mais est mélangé avec du blanc de Titane et du jaune de Naples.


4 En essayant de ne pas trop s’éloigner des grandes divisions ombres-lumières établies à l’étape 3, il s’agit maintenant de préciser les régions plus petites, afin de réellement parvenir à une ressemblance honnête. Comparez cette étape 4 avec l’étape 3, et voyez les différences : forme et hauteur modifiées des sourcils, yeux moins grossièrement dessinés, poches sous ceux-ci, tombé des joues plus accentué, raccourcissement des favoris, apparition des rides, chromatisme global plus varié…


5 Il s’agit maintenant d’ajouter de l’intérêt au tableau, par le biais de cette écharpe écossaise. Le motif de l’écharpe suit le jeu de ses bosses et creux, il doit donc faire l’objet d’une certaine attention. Pourtant le traitement global doit rester assez grossier pour ne pas attirer trop l’attention du spectateur, au détriment du visage. J’ai donc travaillé cette écharpe avec soin, mais avec un pinceau assez gros et une touche large. En-dehors d’un vert et d’une pointe de jaune de cadmium, je n’ai pas utilisé de nouvelles teintes; j’ai simplement mélangé différemment celles utilisées pour le reste du tableau. Pour finir, je précise les rehauts des lèvres, grise quelques poils trop clairs de la barbe (pour accentuer son relief, car elle aussi a un volume), et ajoute les pattes d’oie des yeux. Après l’avoir laissé reposer 3 jours, je regarde une dernière fois ce travail, et décide de ne plus y toucher.


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